L'homme aux gants
Elle a
aperçu devant sa cour ce matin à six heures un homme qui portait des gants en
plastique sur les mains. Il portait des gants qui lui allaient vraiment bien.
Mais comme ses mains étaient cachées, son regard est resté rivé sur ces mains
masquées. Des gants en plastique pour faire le ménage qui allaient jusqu'aux
coudes. Ce monsieur d'une trentaine d'années se tenait là. Rien en main sinon
ces gants. Mais à côté de lui un baluchon en couverture en laine qui n'a pas
dédaigné poser sur un sol très boueux. Cet homme d'un mètre quatre-vingt
semblait sortir d'un chantier mais à une telle heure ceci n'était pas
vraisemblable. La remarque faite de son regard froid qu'il baladait sur la cour
on pouvait facilement noter qu’il semblait chercher quelque chose.
Vanessa
n'est pas encore sortie de sa maison, elle observe le monsieur à derrière la
porte entrebâillée. Elle veut bien comprendre ce qu’il fait sur sa cour à une
telle heure.
Ce
grand monsieur tête et barbe rasées de teint chocolat aux bras musclés
continuait à faire un balayage radar du regard sur cent quatre-vingt degrés sur
la cour. Vanessa aimerait bien sortir et l'interroger mais elle est en même
temps curieuse et ressent un une peur qui la retient clouée là. Elle s'est dit
que sa cour tout est en ordre et elle qu’elle n'a pas d'objet de valeur qui
pourrait attirer des gens dans sa concession. Le monsieur se baisse et ouvre
son baluchon et ressort un morceau de fer pointu qu’il s’en sert pour écrire
des signes sur le sol, il dessine une espèce ce cercle qu’il plante au milieu
le morceau de fer et se met à murmurer. C’est alors que Vanessa ne se retient
plus et sort brusquement et interpelle le monsieur aux gants qui semble ne même
pas avoir senti sa présence. Vanessa s’approche de plus près mais rien ne
change, le monsieur continue à murmurer en maintenant la main sur le morceau de
fer planté dans le cercle. Les murmures étaient de plus en plus audibles et son
regard restait vide. Il tourne enfin la face vers Vanessa et se met à tousser,
la toux est légère mais persistante. Il dit à Vanessa, vite un plantoir ou une
machette : je veux creuser.
Vanessa
est comme hypnotisée elle ne veut plus poser de questions elle sent une
certaine urgence et court tout de même chercher une vielle machette qui
traînait dans sa cuisine et la jette devant le monsieur qui la récupère sans
dire un mot et se met à creuser. Le rythme d’extraction de la terre de
ses doigts ganté est si rapide qu’on dirait qu’il y a quelque chose de
précieux en dessous. Au bout de quelques minutes seulement, l’homme
extrait une espèce de plastique noir du sol qui semble emballer un objet
cylindrique long. Après avoir débarrassé le plastique, Vanessa réaliser
qu’il s’agit d’un morceau de bambou de chine bouché par un chiffon
très sale. Le monsieur le met dans son baluchon, referme le trou dame
le sol de son pied et pose son regard sur Vanessa, un regard sans émotion, vide
de sentiment de reconnaissance d’agressivité, ou de réjouissance. Il
porte le baluchon et d’un geste il lève le bras replie son avant-bras et
secoue son poing fermé en regardant Vanessa, il quitte sa concession.
Vanessa
éprouve deux sentiments en conflit en elle : le sentiment d’être volée
d’un trésor qui gisait là depuis longtemps, et en même temps le
sentiment d’avoir été débarrassée d’un fétiche qui aurait peut-être causé
la mort de son mari mort deux ans plus tôt après qu’ils aient rejoint cette
nouvelle concession avec leurs deux enfants. La scène se passe en
quelques minutes et Vanessa n’a pas le temps de réagir ni même d’alerter un
voisin ou même d’interpeller le monsieur.
Vanessa
reste là un peu tétanisée mais décide d’en parler à sa voisine Angeline qui
l’écoute avec attention et lui dit qu’il a son idée là-dessus. Elle est
convaincue qu’il s’agit d’un voleur qui sort de prison et qui est venu prendre
son butin. Sur ce, elle alarme son voisin et du coup, comme une traînée
de poudre, tout le quartier est au courant et voilà qu’armées de gourdins
et autre outils les populations se jettent à la poursuite de cet étrange
homme, aussi étrange tant par ses actions que par son comportement. Beaucoup se
sont mêlés à la foule même sans comprendre pourquoi. Certains déclarent qu’il
s’agit de l’or, de l’argent ou du diamant. Certains négocient leur récompense
déjà auprès de Vanessa en attendant que le voleur soit arrêté. Où va-ton
? déclare un des meneurs de troupe. Tout le monde se tourne vers Angeline qui à
sont tour se tourne vers Vanessa, pendant ce temps le petit garçon de Vanessa
est déjà réveillé et devient un autre souci pour sa mère. Elle répond je
ne sais pas, il est passé par là je crois, elle le fait en pointant le doigt
d’une manière peu rassurée vers un chemin très fréquentée par lequel les
villageois passent pour aller aux champs. Avant de finir sa phrase
le chef de quartier est déjà sur les lieux et veut comprendre la genèse de ce
mouvement de la population, mais malheureusement personne n’a le temps
d’expliquer quoi que se soit et le groupe se met à la poursuite de
l’homme étrange. Le chef est obligé de joindre la foule pour
avoir des explications chemin faisant. Mais faute d’avoir un informateur
fiable, il lui est rapporté qu’un voleur s’est emparé des économies de Vanessa.
Voici
donc une foule d'une trentaine de personnes ébranlée à le recherche du
"voleur de trésor". Sans avoir le description réelle du monsieur,
d'autres inventent des descriptifs étranges au point de dire qu'il
portait un sac de butin sur la tête.
Quelques
minutes plus tard, voilà qu'on aperçoit sur le chemin, l'homme aux gant qui ne
semble pas se gêner. La population accourt vers lui sans le rattraper car il
paraît très proche mais en même temps éloigné de la manière d'une montagne dans
les contrées.
La course
et folle et les moins forts perdent leurs souffles et abandonne tandis que le
plus robuste continuent la poursuite,
L'homme
aux gants n'a pas changé son rythme de marche mais n'est pas pour autant rattrapé.
Les plus sages ont commencé à se poser des questions sur cet homme qui
n’est pas facilement rattrapable et qui ne court pas pour autant. Tout se passe
comme si cet homme se projetait sur de longues distances mais en marquant le
pas. Tout-à-coups, un homme déclare dans le foule que cette affaire n’est pas
simple et que ce voleur a de grandes capacités, et surtout qu’il faudra s’y
méfier. Chemin faisant, d’autres sont carrément rentrés et se demandent
pourquoi tant d’efforts faits sans atteindre un homme qui ne court pas et qu’on
ne peut pas pour autant le rattraper. Subitement, l’homme s’arrête
et se retourne. Apeurés, certains ont reculé mais les plus téméraires ont
continué la poursuite et ont semblé venir tout près de ce monsieur aux gants.
Mais à la surprise, ils ne parvenaient pas à remplir une si courte distance.
Sans rien dire l’homme aux gants prend le chemin de la brousse par une piste.
Ceux qui le suivent prennent une bonne quinzaine de minutes pour s’engager sur
la piste et tentent d’interpeller le monsieur. Il s’arrête
et s’assoit sur un gros caillou. Soudain comme par l’effet
d’un vent violent les herbes tout autour se couchent et le courant d’air arrive
vers les poursuivants qui résistent et avancent tout de même. Cette
fois-ci, ils se rendent compte qu’ils peuvent atteindre le monsieur.
Personne n’ose parler et les plus courageux avancent doucement sans protocole
et lui demandent de rendre la chose volée. Il ne dit rien mais lève les yeux
vers eux et commence à appeler chacun par son nom de famille et suivi de celui
de la grand-mère de chacun d’eux. Il leur dit : je suis désolé mais je
dois poursuivre mon chemin qu’est-ce que vous voulez véritablement ? Le
plus courageux lui dit : on te demande de remettre ce que tu as pris sur
la cour de Vanessa, après quoi tu peux partir. Après cette réaction l’homme aux
gants ouvre le baluchon et leur temps le cylindre de bambou de chine bouché
d’un chiffon sale. Personne n’ose prendre et l’un d’eux dit aux autres :
c’est pour ce machin que nous poursuivons cet homme ? C’est de la
saleté ! Un autre dit : non tu peux prendre on verra ce qui est dedans. Sans dire un mot, l’homme aux gants leur lance
le cylindre et chacun s'est écarté pour le laisser tomber au sol. Il
fait un pas et récupère le paquet le remet dans son baluchon et continue sa marche. Sans rien dire, les
autres se sont détachés de la foule qui suivait cet étrange homme pour
retourner au village.
Trois
téméraires ont décidé de la suivre. Les trois sont : Gontusi, Méku et
Lafiè. Ils sont de très vaillants garçons énergiques, bien instruits
ayant eu le niveau d'étude secondaire et
sont en plus aptes à la culture des plantes maraîchères qui exigent un peut
délicatesse dans la lecture et l’application des fiches techniques des plantes.
Ils sont été toujours admirés au village, car leur point de vue compte
au cours commentaires sur les sujets d’actualité. Ils ne tardent pas
dire à leurs congénères qu’ils
sont ensembles mais pas identiques et réciproquement, ces
derniers ne manquent pas ironiquement de le leur rappeler quand ils
commettent des erreurs bête.
Il ne reste que ceux-ci qui suivent un peu de loin
l’homme aux gants qui se sait suivi. Pendant ce temps, les villageois
sont retournés chez Vanessa la sermonner sur le fait qu’elle ait ameuté le
village pour de sottises, mais elle n’a pas tardé de rappeler qu’elle n’a
envoyé personne et que celui qui les a alerté c'est sa voisine et non elle.
L'homme aux gants et les trois qui le suivent ont
fait près d'une heure de marche en forêt et arrivent au pied d'un rocher
presque absorbé de toutes parts par la végétation. Une ouverture
sombre se présente au-dessus le rocher à une hauteur de près de vingt mètres. A
cette hauteur, personne ne peut y accéder sans une échelle ou une corde.
Les trois téméraire remarquent la facilité avec laquelle l'homme aux
gants y accède d'un pas et sans efforts. Les trois se regardent entre eux
et sur leurs visages se dessine un étonnement mêlé de peur. Ils commencent à se
communiquer à basse voix en se demandant s'ils ont pris la bonne décision de
suivre cet homme étrange.
Lorsqu'ils décident de rebrousser chemin, l'homme
aux gants les interpelle et leur demande de monter. Il leur lance
une échelle roulante fait de cordes dont la matière reste encore étrange.
L'échelle a une forme cylindrique et rétractile, une fois que les trois
hommes se sont accrochés sur elle, elle les a ramenés sur les hauteurs sans
efforts. Ils découvrent un autre endroit et se demandent s'ils sont en
forêt.
Il s'agit ici d'une caverne qui n'a rien à envier
à une maison. Illuminée d'une source de lumière invisible, cette caverne a
tout l’air d’un appartement à la différence que rien ne touche le sol, tout
voltige comme si une pesanteur négative les ramenait vers le haut. L’homme aux gants les invite à prendre place
devant lui. Ils ramènent chacun, un meuble au sol et s’asseyent dessus. La seule
chose remarqué, est qu’un fois assis sur les sièges tout devient comme normal.
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