PERCEE CONTRE L’EXTREMISME VIOLENT AU CAMEROUN
A voir la tournure des événements
dans notre pays Vert Rouge Jaune, on ne
peut pas dire que les actions présentes
conduisent à réduire l’extrémisme violent au Cameroun. La question à se poser c’est essentiellement
de savoir si on ne peut pas avoir une approche qui facilite une percée dans la
résolution des problèmes qui se posent.
La première chose à savoir c’est
qu’il faut savoir les causes profondes du problème. La connaissance de ces causes profondes ne
réside pas dans le « je pense que, je crois que, ou le selon moi…. »
Tout cela a conduit à la prise de mesures
qui n’ont fait qu’aggraver le problème. Les tentatives de solution sont initiées
dans les bureaux. Les actions qui portent des fruits doivent être basées sur
les informations sur deux dimensions : le renseignement, et une
explication à partir des informations systématiques sur le terrain, sur l’étude
des cas et la relation théorique entre ces cas. Dans une telle situation, les
académiciens doivent être impliqués pas dans
comme des conseiller politique
mais des personnes qui se dépouillent de leurs casquette politique pour
servir la cause de la paix dans une perspective du respect de l’autre dans sa
logique tout en évitant des raisonnement réducteurs qui fixe l’autre dans un statut qui est celui du
casseur ou du destructeur en fermant les
yeux sur un idéal légitime qu’il veut
exprimer. Une référence sur des cas de figures similaire qui ont eu une réponse
positives de la part de ceux qui prennent les décisions. Les sources primaires
d’information peuvent être au niveau des
politiques, des forces de l’ordre et des populations qui vivent au quotidien la
situation, de même qu’au niveau des sites
et des lieux d’expression sociales des extrémistes (média de propagande,
internet et réseau sociaux). Etudier scientifiquement ces informations
permettra de proposer des solutions qui peuvent favoriser la désescalade. Ceci
en sous-entendant que les biais politique et idéologique doivent être éliminés
pour informer les décideurs qui doivent aussi enlever leurs casques politiques
pour chercher à créer les conditions de
dé-conflit.
La deuxième considération est de
ne pas pouvoir prendre les extrémistes directement comme des vermines ou des
parasites qu’il faut s’en débarrasser. Comme
souligné plus haut, il faut comprendre les causes profondes. Si l’extrémisme
dérive d’une dénonciation sans réponse efficace d’une situation de pratiques courantes dans le fonctionnement
de l’Etat, les pouvoir publics se doivent de se remettre en question pour entreprendre
de réformer profondes. Prenons un
exemple. Si la corruption est la chose dénoncée et établie à partir des données
et information recueillis, ce n’est pas en invitant un leader à un poste de responsabilité politique
qui attaquera la cause du problème. Il s’agit
de se demander si la lutte contre la corruption est menée avec efficacité. L’extrémisme dans ce cas est la conséquence de
l’absence de mesures répressives efficaces contre le fléau. Le terreau dans ce cas est préparé pour que l’extrémisme
violent s’exprime et dans des cas de figure
insoupçonnés. Dans ce cas pris
comme exemple qui est celui de la corruption, on comprendra vite que prendre
des mesures superficielles pour contenter l’opinion ne marchera jamais. La lutte
contre l’extrémisme violent doit se passer de la politique et des passions des opinions ethniques, des religions et
idéologies pour bousculer le train-train quotidien qui favorise les inégalités
sans que des actions soient prises pour que les forces d’immobilisation taxés
aussi forces d’inerties pour les instruits soient bousculées. Il faut un
pouvoir judiciaire fort et des structures de lutte qui osent innover et se
remettre en question. Un pouvoir judiciaire complaisant et corrompu fera naître des « justiciers »
pour combler le vide existant. Les justiciers
se verront rapidement investis de pouvoir politique et la machine relancée. En conclusion
il faut bien que les pouvoir en place opèrent de réformes importantes dans le
fond pas dans le forme apparente (action
politique) avant de commencer à déployer ses moyens de répression.
La troisième chose à faire c’est
de ne pas commettre l’erreur de penser
qu’avec la force seule on devra réprimer les velléités quelconques. Il est
évident de comprendre que la violence n’engendrera que la violence. Même si le prétendu ennemi est éliminé, il restera que les blessure profondes resteront et couveront
seulement les actes de vengeance qui dormiront dans les consciences. L’erreur à ne pas commettre c’est de vouloir
faire taire les moyens d’expression : média de propagande et autres. Ce sont
plus des sources d’information comme cité plus haut. Si l’on veut vraiment
aller vers la désescalade. Les faire
taire ne résoudra jamais le problème du moment où les frustrations se cristalliseront
au lieu de se diluer et favoriser la détente et la compréhension de ce que les
autres veulent réellement. Les frustrations se sont présentées depuis toujours
comme la matière première de l’extrémisme
violent. Admettre d’abord que l’état du fonctionnement
du corps social n’est pas parfait est déjà un pas et non une preuve de faiblesse. Une
approche orgueilleuse s’avèrera toujours
destructrice même si les sujets d’orgueil et supériorité ne sont pas à
démontrer. De plus, comme signalé plus
haut, il reste qu’il faut prendre des résolutions fermes et réelles sans faire semblant(les
peuples ne sont pas aussi idiots que ça) pour adresser les problèmes posés. En
situation d’extrémisme violent, il faut
toujours des sites, des personnalités et
personnes tampon qui fonctionnent comme de soupapes et qui permettront la
détente. Les personnes tampon ne sont
pas les espions ni les agents de renseignement et reconnus comme tels ils
doivent fonctionner comme des relais. Les voir comme des traitres engendrera
des situations catastrophiques. C’est le
cas de certains journalistes, de chefs traditionnels, les autorités religieuses
et autres personnes charismatiques dans les communautés. L’action doit être
volontaire sans monnayage. Ils auront certainement une reconnaissance après la
désescalade. Tenant leur statut comme
sacré, ils peuvent servir de régulateur et permettre l’apaisement de conflits. La
seule chose pour les sauver et donner un rayonnement dans leur rôle aussi délicat et de prendre les messages transmis
au sérieux et de pouvoir poser des actions conséquentes de manière à ce que d’un
côté ou de l’autre se voient bouger les
choses. Comme signalé précédemment, la présence des forces sur le
terrain doit être dans le sens de protéger les populations et non de rechercher
les personnes dites suspectes pour s’en
débarrasser. L’extrémisme violent engendre des leaders à toutes les secondes. L’extrémisme
violent cultive les « valeurs » qui vont au-delà du sacrifice de la
vie. Dans ce cas de figure ou la répression est le maître mot, les erreurs sont
vites commises et les populations à protéger s’érigent en victimes et pensent
qu’il faut d’autres types de forces pour
mieux les protéger. Les abus qui
ne sont pas réprimés transformeront la force de sécurité rapidement en force d’occupation.
Surtout quand il y a déjà brandissement
des trophées de guerre de tous les côtés. Ce qui qui alimente directement le cycle de violence.
Sans prétendre donner des recettes, il s’agit
ici
de comprendre qu’on ne peut pas donner des solutions à partir d’un
bureau, sur des avis des éminents savants fussent-ils issues des cabinets d’experts
qui n’ont pas envie de bouger et d’aller sur le terrain. Ceux qui vivent la situation sur le terrain (population
et force de l’ordre autorités) sont de véritables sources d’information et de
propositions qu’il faut recueillir pour préparer une désescalade. Mais la
question est celle-ci : y a-t-il véritablement volonté de créer cette
désescalade ??? S’il y a cette volonté, il faut déjà savoir ce qui est
fait concrètement. Certains diront qu’il ne faut pas montrer des signes de
faiblesse. Le règlement de conflit passe toujours par une phase d’acception qu’il
faut laisser un peu de soi pour penser au bien-être des autres dans le futur et
de sauver des vies. Il sera donc improductif
de causer des actions qui puisse salir la partie adverse dans son idéal qu’il cherche
à établir, mais plutôt comprendre cet idéal et établir un cadre qui permettre l’expression
son expression.
Quatrièmement, les solutions
proviennent d’une collecte d’informations réelle auprès des concernés. Identifier
la source de la frustration et agir pour les résoudre. Exploiter les
informations pour se remettre en question et proposer des cas de figure de
désescalades en utilisant les sites et les personnes tampon. Les sites tampon
ne sont pas nécessairement dans le pays. Il peut se situer hors du pays. Les rencontres
formelles et informelles peuvent s’y conduire et ceci permettra de bien
identifier les personnes de figure sur le plan macro. Sur la plan micro, les
personnes utiles sont identifiés dans la
communauté et pourront servir pour l’organisation
des communications pour en vue de la
désescalade. La désescalade ne doit pas
être une activité politique du genre j’utilise
mes moyens financier et ma forces pour diviser l’autre camp pour le désorganiser.
Une perspective holistique reste à
envisager. Plus il y unité dans les rangs de l’adversaire, plus les décisions à
prendre pourront se généraliser et prendre effet. Les voir unis ne doit pas être une phobie mais
un signe de victoire pour une désescalade durable.
Reste maintenant à voir comment faire dans une
situation d’un conflit en voie de sédimentation
ou comment faire si la sédimentation est établie ?
Les avis sont attendus
Pascal. DH B. Anthorpologist, Université de Yaoundé1
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